Quête de sens dans son travail, révision de ses priorités personnelles, préservation de sa santé mentale… Les États-Unis vivent actuellement un phénomène de “grande démission” qu’ils appellent “The Great Resignation », ou “The Big Quit”. Des salariés, en nombre, qui mettent fin à leur contrat de travail. Dans un contexte post-Covid qui a remis en question pour beaucoup leur vision du travail, doit-on craindre, nous aussi en France, une telle vague de démissions ?

La grande démission, c’est quoi ?

L’expression popularisée des bullshitjob annonçait la couleur il y a déjà quelques années. Une tendance étudiée par de nombreux chercheurs qui sentaient émerger un certain malaise et un sentiment de perte de sens particulièrement perceptible dans les grandes entreprises, notamment dans la santé, le numérique, la restauration et le BTP.

Le phénomène dont on parle aujourd’hui va plus loin. The “Great Résignation » ou The “Big Quit”, traduire “La grande démission”, est une vague de ruptures de contrats dans tout le pays. Plus qu’une crainte, une réalité, avec, en moyenne, 4 millions d’Américains qui ont démissionné par mois en 2021. Face à cette fuite de talents, des chercheurs et groupes ont sondé les salariés. Ainsi, selon une vaste étude menée à l’international par Microsoft, 43 % des salariés se sont déclarés susceptibles de changer d’emploi au cours de l’année. Ils étaient 40 % en 2021.

Toujours selon cette même étude menée, 47 % des personnes interrogées affirment que la pandémie leur a donné envie de faire davantage passer leur famille et leur vie personnelle avant leur travail…

Travailler moins pour vivre mieux ?

Le monde du travail est donc en pleine mutation. Un phénomène durable qui s’explique en partie par l’impact psychologique de la crise sanitaire qui a rabattu les cartes en matière de conditions de travail mais aussi fait réaliser à certains qu’un équilibre entre vie professionnelle et personnelle était possible si sa hiérarchie y mettait du sien. Le télétravail qui s’est généralisé, rendant parfois inutile les locations de locaux gigantesques, a permis à de nombreux salariés de revoir leur carrière et leurs priorités, leur permettant une flexibilité à laquelle ils renoncent aujourd’hui difficilement avec le retour du présentiel. Le Covid a ainsi fait naître des projets de reconversion, des épiphanies sur sa vision du travail, et une quête de sens difficile à oublier malgré la fin de la crise.

Un bon indicateur de cette prise de conscience ? La création de syndicats au sein de grandes entreprises comme Amazon et Starbucks. Une grande première qui témoigne de la prise de position des salariés pour leur bien-être au travail.

En bref, les salariés ont basculé pour toujours le rapport de force et aspirent à une qualité de vie non impactée par leur travail, des postes qui ont du sens, quitte à perdre en salaire et avorter leurs carrières, avec des retraites largement anticipées et le choix du chômage afin de mener d’autres projets plus épanouissants, loin de la sphère professionnelle.

La génération Z particulièrement encline au changement

Le phénomène touche d’autant plus les jeunes de moins de 35 ans, avec des effets déjà bien visibles sur les moins de 25 ans. En effet, 52 % de la génération Z interrogée par Microsoft projettent de quitter leur entreprise au cours de l’année.  

Ce qui inquiète les recruteurs par-dessus tout ? La pénurie de candidats et l’arrivée de jeunes talents plus enclins à négocier des conditions de travail jusque-là rarement revendiquées dès le premier entretien. Flexibilité, formation continue, salaires et congés en quantité… Certains secteurs se retrouvent en tension. C’est par exemple le cas du secteur de l’IT, avec des développeurs web et data analysts aussi rares que chers. Ces derniers étant en position de négocier en toute connaissance de la situation de leurs recruteurs…  

La France à l'abri d’un tel phénomène ?

En France, pas de tsunami de démissions – pour le moment – mais des chiffres qui témoignent tout de même d’une certaine prise de conscience. Selon la Direction de l’Animation de la Recherche des Études et des Statistique (DARES), entre 2019 et 2021, le taux de démissions a augmenté de 20 % entre juillet 2019 et juillet 2021. Et le ministère du Travail a enregistré 387 000 démissions et ruptures conventionnelles entre juin et juillet 2021. Soit 14 % d’augmentation par rapport à 2019. Des fins de contrat motivées par la volonté de se construire ailleurs que parmi ses collègues, d’être utile, de trouver une entreprise en adéquation avec ses valeurs… tout cela quitte à perdre en salaire.

Pour éviter cette fuite des talents, les entreprises doivent impérativement repenser leurs modes de fonctionnement.

"Nous constatons globalement un rétropédalage sur le télétravail chez les Clients où nous missionnons nos consultants. Les dirigeants souhaitent voir revenir leurs recrues dans leurs locaux pour tisser à nouveau ce lien humain essentiel à la réussite des projets, et retrouver du concret sur des tâches parfois devenues abstraites avec le distanciel. Mais il peut être dur de demander à ses équipes de renoncer au télétravail quand ils en ont connu les bienfaits pendant près de deux ans. Chez SENTILES, nous avons fait le choix de la flexibilité avec nos équipes sur le back office (RH, Administratif…) et pour nos Clients, nous nous adaptons à leur politique en interne"

Ludovic, Responsable RH du Groupe SENTILES

Télétravail flexible, politique RSE, conditions de travail bienveillantes... SENTILES s’adapte !

S’il est bien souvent plus simple et efficace de travailler en présentiel, il peut être judicieux de mettre sur pied un télétravail dit “hybride”, au cas par cas, et d’aménager des locaux dans lesquels les collaborateurs se sentiront bien. Car s’il y a bien un frein récurrent dans le retour à 100 % au présentiel, c’est l’open space. Selon l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS), 95 % des personnes travaillant dans un bureau en open space considèrent que le bruit représente la gêne la plus intensément perçue dans leur travail.

Au-delà d’un présentiel flexible, de planning respectueux de la vie privée, et de locaux agréables, c’est la philosophie d’entreprise qui est à revoir pour beaucoup de groupes. Chez Sentiles par exemple, nous avons pris conscience que les salariés n’adhéraient plus seulement à une feuille de salaire et à une fiche de poste. Ils signent pour un management humain, une vision, une éthique et des valeurs. Selon une enquête réalisée par « Impact Positif » (École Audencia et Jobs that make), 92 % des salariés interrogés recherchent en effet “un sens à leur travail”.

Sentiles a non seulement mis en œuvre des actions responsables (politique RSE), modernes et d’actualité, mais aussi identifié, valorisé et, surtout, appliqué des valeurs humaines qui fédèrent sur le long terme ses équipes en quête de sens. En clair, nous tentons de rester reconnecter à la réalité et aux problématiques de la société actuelle puisque la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle n’est plus.